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Zidane, légende parmi les vivants

4 février 2012 by tanguy divider image
(C) Zidane, portrait du XXIe siècle

 » Une relation d’amour. Le ballon c’est sa chose, il lui appartient, il lui donne. c’est un échange permanent. » Ces mots, signés Roger Lemerre, sont certainement la meilleure définition du rapport au football de Zinédine Zidane, héros national et légende internationale, ayant construit son mythe sur un carré de pelouse, avec le cuir au bout du pied. 

 Yazid est né le 23 juin 1972, à Marseille. Il ne le sait pas encore, mais d’ici 30 ans, il sera le symbole de la ville, et l’idole de tout un pays.  Son regard n’aura de cesse de se poser sur la Cannebière, depuis un pan de mur aux couleurs égayées par les doux rayons du soleil.  Mais le p’tit Zizou n’en a encore que faire de tout ça. Ce qui l’intéresse, c’est le ballon.

 Premiers pas, et premières influences. Ses valeurs, Zinédine les tient de ses parents, et les dépeint lui même : « il voulaient une seule chose, c’est se dire que mon fils fera quelque chose dans sa vie. Et en fait, il nous ont toujours inculqué trois choses, c’étaient le Respect d’autrui, travailler et le sérieux. Et je crois qu’avec ça, quelque part, on peut réussir dans la vie ». Tout jeune, il passe ses journées à jouer avec ses potes de quartier. C’est à cette époque que Yazid connaît « le vrai bonheur » comme il le décrit. « Dans la rue c’est sans arrêt, avec l’obligation de faire ce que l’on veut… » La passion est déjà présente. Une passion pure, sans arrière pensée ni calcul. L’âge que l’on aimerait tous ne jamais quitter.

 Dans ses jeunes années, il intègre l’AS Foresta, un petit club de son quartier d’origine, la Castellane. Sous ces couleurs jaunes et vertes, il distribue ses premières arabesques. À cette époque, ses oreilles décollées obligent sa mère à lui laisser pousser les cheveux. Une saison plus tard, il bouge du côté de l’US Saint Henri, « un échelon supérieur » comme il l’admet. En constante progression, il évolue quelques mois plus tard avec la tunique de Septèmes, qui joue régulièrement en Critérium.

 Complètement dans le ballon rond, sa vie adolescente le met en marge de beaucoup de jeunes. Pas fan de sorties, ZZ n’a déjà que le ballon en tête, et ne laissera jamais filer son rêve. Pas de cinéma, pas de sortie avec des copines. Son rendez-vous favori de l’époque est celui qu’il prend à chaque match à domicile de l’OM, et à chaque dribble soyeux de son idole, Enzo Francescoli. Puisque de lui il aime « tout. sa façon de jouer, sa façon de toucher le ballon, il était élégant  (…) je voulais lui ressembler».

 Déjà beau sur le terrain, gracieux, décisif, avec un caractère attirant systématiquement la sympathie, Zizou trouve à Septèmes son premier mentor, Robert Santanero. De l’éducateur de ce petit club, il retiendra qu’ « il a fait des choses pour moi et pour tous mes potes que peut-être même des parents ne pourraient pas faire (…) Comme un papa quoi ».

 À 13 ans, lors d’un match opposant les rouges et jaune à Saint Raphaël, Yazid est repéré par Jean Varraud. Une rencontre qui va définitivement le faire changer de monde. Pourtant, de son propre avis, sa prestation ce jour la ne mérite pas d’être remarquée « ce jour là, j’avais pas été bon ! Mais bon, lui, il a dit non-non, faut que je le revoie, j’ai envie qu’il passe une semaine à Cannes. J’ai passé une semaine et ça s’est super bien passé. Et de là, ma carrière a commencé ».

 La transition l’amenant à Cannes n’est pas si simple. Loin des siens, Zinédine pleure souvent l’absence familiale, mais le recruteur est toujours là pour le soutenir, lui qui considère le jeune talent comme « un second fils ». Allant même jusqu’ à aller taper à la porte de Jean Fernandez, à l’époque en charge du groupe pro, pour que ce dernier aille s’intéresser de plus près aux performances du meneur de jeu. Le technicien est vite convaincu, d’autant plus qu’à son talent presque divin, ZZ ajoute une dose de travail énorme, préférant profiter de ces après-midi libres pour chiper un ballon au bureau du club et se perfectionner, seul, sur les terrains d’entraînement, que de rejoindre ses amis partis vivre une vie d’ado normal.

 Le 20 mai 1989, il joue son premier match de première division. Sur le terrain du FC Nantes, l’AS Cannes évolue en bleu. Zizou joue 12 minutes, et le petit club ramène un nul de la Beaujoire. Au retour aux vestiaires, surprise : ce bon résultat rapporte une double prime aux joueurs de l’ASC. Le meneur de jeu touche un petit pécule et s’offre, plein de fierté, « un Jean, un Levi’s 501, un bon pour une fois ». Le reste ira à ses parents.

 Sa première titularisation sera à domicile, face à Auxerre, pour une défaite 0-3. Encore jeune, ZZ craque mentalement durant cette rencontre, houspillé par le public cannais, pour un de ses mauvais matches. Ensuite retiré du groupe pro durant quelques matches, il revient pour un nouveau déplacement en Loire-Atlantique, chez les canaris. Cette fois, une belle perf’ est au rendez-vous, lui permettant d’intégrer définitivement l’équipe première.

 Son premier but, il le marque… contre Nantes. À croire que le jaune réussit déjà très bien à notre jeune technicien. Il n’imagine d’ailleurs certainement pas encore à quel point, à cette époque. Ce but, fait d’un contrôlé de l’extérieur du pied et d’un lob enchaîné à la précision d’orfèvre, montre toute la qualité qui bouillonne déjà dans le joueur. La célébration qui suit aurait par-contre peut-être valu une biscotte dans les années 2000, tant les aptitudes de danseur de Zizou sont balbutiantes. Et le resteront.

 Détail intéressant, il rencontre Véronique, sa future femme, la veille de cette historique première, et recevra, suite à ce but et comme promis par le président du club, Alain Pedretti, une 205 rouge. La suite, Zizou l’écrit d’une main de maître. Devenu indispensable, il se balade dans le collectif de l’AS Cannes. Au printemps 91, les sudistes impressionnent, et se qualifient pour la coupe de l’UEFA à la faveur d’une quatrième position en championnat.

 Une campagne européenne de quatre matches, stoppée par le Dynamo de Moscou. Et comme souvent, le petit qui goûte à l’Europe galère en championnat. À tel point que Cannes descend la fin de l’année. Du coup, l’intersaison 92 est synonyme de départ pour Zizou, pas encore 20 piges, qui signe en faveur des girondins de Bordeaux, malgré un intérêt (tout en retenue) de l’OM. Courbis et Afflelou, ne trouvant pas le longiligne 10 plus lent que cela, ont le nez creux.

 Bordeaux, ou la ville qui fera du jeune Yazid un homme accompli. Sur les bords de la Gironde, il se mariera avec Véronique, aura son premier enfant, et deviendra un joueur reconnu. Première étape, le terrain, où Rolland Courbis accorde toute sa confiance au numéro 7, mais le fait souvent sortir entre la 50e et la 60e. Une gestion en fait parfaite de la condition et des caractéristiques physiques du joueur à l’époque. Zizou dépose le jeu, dribble, impressionne, et score 10 fois lors de sa première saison, malgré un positionnement de relayeur, plus reculé.

 Dans le sud-ouest, il se découvre également une amitié formidable. Christophe Dugarry, coéquipier prioritaire, à qui il distribue de nombreuses passé décisives dès la première saison, s’avère être plus qu’un teammate. Après avoir suivi les sélections de jeune sans jamais apprendre à se connaître, les deux hommes tissent des liens forts à Bordeaux. Zizou admet qu’ils se font « mutuellement rire ». Mais sur le terrain ce sont les adversaires qui pleurent. Avec Lizarazu, le « triangle bordelais » éclot alors, enchantant un peu plus à chaque sortie les supporters girondins.

 ZZ commence également à score coup-franc sur coup-franc. Aidé par les « Zizou, Zizou » du parc Lescure avant chacun de ses coups de pied arrêtés. Contre Karlsruhe, face à un Oliver Kahn médusé, le meneur de jeu accroche une lucarne parfaite qui arrache alors à Michel Platini, aux commentaires pour la télévision, un « il est parfait, ce coup-franc ».

 À l’été 94, en pleine intersaison, l’attend sa première sélection. Le 17 aout, ses parents se sont déplacés jusqu’à Lescure, pour assister à la confrontation face à la république Tchèque. Zizou rentre en jeu à 0-2, et épate son monde, avec une prestation de grande classe et deux buts. Le premier, sur une passe de Laurent Blanc, est déjà démonstratif de la palette technique du numéro 14 (à l’époque) des bleus. Un premier passement de jambes sans toucher la balle pour éliminer un premier adversaire, puis un double contact avec frappe enchaînée des 20 mètres, du gauche. Parfait.

 Le second, sur une détente stratosphérique et une lucarne parfaite, à la suite d’un corner signé Jocelyn Angloma. Au coup de sifflet final, il admettra n’avoir jamais marqué deux buts dans une rencontre. Le destin de Zizou est en marche. Vite rendu au rang d’indispensable dans le 11 de Jacquet, il participe aux qualifications à l’Euro 96. Les bleus sont alors moyens, et sortent de la désillusion de 93.

 En octobre 95, dans un match capital pour la qualification, à Bucarest, les bleus s’imposent 3-1, avec un nouveau but signé du sceau de ZZ, une frappe limpide après un contrôle bien orienté, à laquelle s’ajoute une passe décisive. Une prestation qui conforte le sélectionneur dans ses choix. Match après match, les bleus prennent confiance et fondent un groupe de plus en plus solide.

 Avec Bordeaux, cette saison 95-96 sera la plus aboutie. Après avoir joué la coupe Intertoto pour se qualifier en UEFA, les girondins réalisent un parcours exceptionnel. Symbole de ce génie, le but inscrit face au Betis Séville, le 6 décembre 95. D’un geste venu du ciel, Zidane qualifie les siens. Un but, une inspiration, presque divine, une demi-volée, du gauche, des 40 mètres. Aujourd’hui encore, Zinédine se demande si « c’est bien moi qui ai marqué ou si on m’a aidé… » en regardant au ciel.

 La « main tendue par le ciel » a logiquement eu raison de celle, pas assez ferme, du portier adverse. Bordeaux s’offre alors un quart de finale face au grand Milan AC. À l’aller, des bordelais trop respectueux perdent 2-0 à San Siro, avec notamment un coup-franc galactique de Roberto Baggio. Au retour, Lescure est en fusion. Dans une ambiance rarement aperçue pour un match des girondins, le public transmet une énergie formidable à ses protégés. Ce 19 mars 96, avant la fin du premier quart d’heure, Didier Tholot reprend victorieusement un centre de Lizarazu. Dans l’euphorie, Zizou distille un coup-franc contré, qui profite à Dugarry, en début de seconde période. Puis encore Zizou, déchaîné, vient offrir sur un plateau le doublé à Duga, pour une qualification inespérée.

 L’explosif binôme va encore faire parler la poudre en demie, face au Slavia Prague. Zidane est à l’aise dans son rôle de chef d’orchestre, tandis que Dugarry est le finisseur complet qui convient au jeu du numéro 7. L’Europe découvre les premières roulettes d’un joueur qui terminera au panthéon. Mais avant, la finale (en formule aller-retour) face au Bayern Munich attend les hommes de Rolland Courbis.

 Le tandem offensif est suspendu pour le match aller, perdu 2-0. Au retour, le Bayern, malgré le retour des deux prodiges s’impose encore. La première finale perdue pour Zizou, qui sera longtemps considéré comme un « chat noir » de l’exercice.

 L’Euro arrive, Zidane est victime d’un accident de voiture quelques semaines auparavant. Jacquet ose tout de même le placer au cœur de son système de jeu, en véritable patron. D’entrée face à la Roumanie, les bleus s’imposent grâce à Dugarry (1-0) mais le meneur de jeu traîne sa peine sur le terrain, après une saison des plus longues de sa jeune carrière (plus de 40 matches joués). Un nul contre l’Espagne et une victoire contre la Bulgarie plus loin, les tricolores prennent rendez-vous avec les Pays-Bas pour les quarts.

 Sous la grisaille de Liverpool, les quelques banderilles du génie ne sauvent pas les bleus avant les tirs au but, où c’est Lama qui se signale, en sortant la tentative de Seedorf. Au bout du pied serein de Laurent Blanc, la France va chercher une qualification pour les demi-finales. Face à la république Tchèque, invitée surprise à la qualité technique estampillée bloc de l’est, les 22 d’Aimé Jacquet cèdent cette fois, lors de la séance de penaltys. Reynald Pedros restera celui qui a fait faillir une équipe de France, qui aura toujours paru au bord de la rupture durant cet Euro.

 Dans une logique de progression, Zizou signe à la Juventus, fraîchement sacrée championne d’Europe. Une progression, mais aussi un passage à un autre football, comme il le décrit lui-même : « Bordeaux, Cannes, c’était du bonheur. Quand je suis passé à la Juventus c’est devenu quelque chose sous tension ». Lippi, qui coach la Vieille Dame, admet aujourd’hui que déjà à cette époque « un entraîneur n’a rien à lui apprendre (…) il joue comme il sait le faire, mais en fait, il lui manquait quelque chose : gagner ». Gagner, ce mot encore étranger à Zizou, dont le palmarès est encore vierge, mis à part une « coupe à Toto » un an plus tôt.

 La préparation physique à l’italienne va métamorphoser le nouveau numéro 21. Pas un monstre physique, Zidane peine à tenir les avant-saisons, et le rythme spartiate imposé par le staff de Marcello Lippi. De plus, au départ, la comparaison avec Platini est inéluctable, et ne met pas le meneur de jeu dans les meilleures dispositions. Mais quand on a toute la confiance d’un tel coach, tout ne peut qu’aller. Si Zizou veut jouer tous les matches, Lippi est là pour lui expliquer pourquoi parfois il ne figure pas sur la feuille de match. Comme lors de cette rencontre européenne, à la quelle succède un match de Serie A contre le rival intériste. Il débute face aux Nerazzuri, marque un superbe but, fait gagner son équipe, qui reprend la tête du championnat, pour ne plus la lâcher.

 Le scénario parfait, comme si la difficulté et la tension turinoise avaient transfiguré notre meneur de jeu en machine à gagner. Une machine qui inscrit au printemps 97, trois titres à son palmarès (Supercoupe d’Europe, Coupe Intercontinentale, Scudetto). Unanime, la presse range le marseillais dans la catégorie très refermée des Fuoriclasse (grand parmi les grands). Le génie gagne en régularité, et impressionne son monde, malgré une nouvelle finale perdue, contre le Borussia Dortmund, en Champion’s League.  

 Il est toujours complexe de confirmer une bonne première saison, et pourtant, 97-98 sera une année Bianconeri. Zizou joue 32 matches, marque 7 buts, et expose son génie aux yeux du monde entier, qui s’amourache du gentil vendeur de rêve. Zidane rayonne, marque, déstabilise, dribble, distribue les émotions comme ces arabesques tout en toucher dont il a le secret. La Juve est alors la meilleure équipe du monde, et remporte le championnat d’Italie deux journées avant la fin, le 25e de l’histoire d’une vieille Dame qui a succombé au regard clair de son nouveau maître à jouer. Et s’il caresse avec tout autant de tact le cuir sur la scène européenne, la C1 se refuse toujours à lui. C’est cette fois le Real de Madrid qui se met en travers de la route turinoise. Des « mauvais souvenirs » selon ZZ. Malgré le gain de ses premiers titres en noir et blanc, Zinédine continue sa collection de médailles qui « ne consolent pas ».

 Arrive alors la coupe du monde 98, à laquelle a précédé deux longues années de matches amicaux pour les bleus. Quelques mois avant le début de la compétition, il inscrit le premier but de l’histoire du Stade de France, face à l’Espagne. La presse sportive fait alors de la campagne mondiale un échec assuré, et passe plusieurs mois sur le dos d’un Aimé Jacquet en perdition.

 Mais les bleus ont confiance. Sur la route menant au Vélodrome et à leur entrée en lice face à l’Afrique du Sud, le car est ralenti par une présence populaire incroyable. Guivarc’h se blesse, et cède sa place à Dugarry en première mi-temps. Du coup, le maestro offre à son pote le premier but bleu de la compétition. Les bleus s’imposent 3-0, et tout le groupe prend alors conscience de ses capacités.

 Premier pari réussi pour Jacquet. Quelques jours plus tard, la France atomise l’Arabie Saoudite, mais Zizou, malgré une belle prestation, prend un rouge pour avoir confondu un adversaire avec un paillasson.

 Cela n’empêche pas la qualification des tricolores, qui abattent le Danemark, puis le Paraguay, en huitième. Sur le but en or de Lolo Blanc, Zidane, qui retrouvera donc le terrain en quarts, explose, exulte, arrache la verte pelouse de Felix Bollaert avant de la jeter au sol de rage.

 Animé d’une détermination unique, il se montre très à son avantage, au Stade de France, face à l’Italie. Les tricolores s’imposent aux tirs au but. L’hexagone n’a alors plus d’yeux que pour ses bleus. La victoire face à la Croatie, dans une ambiance proche de la folie collective, le démontre.

 La suite est bien connue. Deux coups de tête, deux missiles, pleins de détermination, deux coups de couteau, dans le dos d’un Brésil faisant déjà pâle figure avec le problème Ronaldo, deux images à la ressemblance troublante, qui resteront à jamais dans la mémoire collective. Et voilà Zizou, notre Zizou, roi, voire Dieu, dans son pays.

 Sacré Ballon d’Or quelques semaines plus tard, il a du mal à entamer 98-99. La Juve est à la peine, Del Piero à l’infirmerie, ZZ est victime de la dépression post-mondial. Au terme d’une saison moyenne, les Bianconeri n’accrochent qu’une place qualificative pour l’Intertoto. Comble de malchance, le français doit se faire opérer du genou en mai. Une saison pourrie.

 La suivante sera celle du rachat, malgré la perte du championnat à la dernière journée, sous les trombes d’eau gorgeant la pelouse de la Reggina de Materazzi. Dans un mauvais jour, la Juve et son métronome s’inclinent 1-0, et laissent le scudetto à la Lazio. Zizou réalise pourtant une saison pleine, marquant notamment l’un des plus beau but de sa carrière, face (encore) à la Reggina, au match aller.

 L’Euro 2000 chez les voisins belges et hollandais arrive alors. L’effet coupe du monde est encore là, et le 11 juin, les bleus étalent leur talent face au Danemark, 3-0. Avec sa nouvelle génération d’attaquants (Henry, Trézéguet) l’équipe de France ne fait pas de détail, et bat la république Tchèque, avant de perdre dans un match de coiffeurs face aux Pays-Bas.

En quarts, l’Espagne se met en travers du chemin de croix des bleus. Zidane atteint des sommets d’excellence jamais explorés. Un coup-franc, dans la lucarne, un but de Djorkaeff, et même l’arbitrage généreux (deux penalty sifflés) de Pierluigi Collina ne sauvera pas une sélection ibère qui s’incline finalement 2-1.

 Surfant toujours sur les vagues de la péninsule ibérique, la France tape le Portugal, grâce notamment à un penalty de Zizou, en demi-finale. Le niveau des bleus est sans commune mesure avec celui de chaque adversaire proposé. Le dernier de cet Euro est l’Italie, qualifiée aux tirs au but face aux Pays-Bas. 2 juillet 2000, deux ans jour pour jour après le quart de finale victorieux, la France est vite menée sur un but de Delvecchio. En fin de rencontre, l’Italie est déjà sacrée, mais Wiltord remet les compteurs à zéro au bout des arrêts de jeu. En prolongations, Pires délivre un maître-centre à Trézéguet, dont la reprise offre un titre continental à l’équipe de Roger Lemerre, qui décrira la relation entre Zizou et le cuir comme « une relation d’amour, le ballon c’est sa chose, il lui appartient, c’est un échange permanent ».

 Dès lors, chaque joueur sait qu’un match face à l’équilibriste, c’est le test d’une vie. Une vie gâchée, lors de la saison suivante par deux rouges en Ligue des Champions. Rejoint par Trézéguet à Turin, les deux larrons forment un duo 100% français qui fait les beaux jours de la Vieille Dame. Lors de la 26e journée de Serie A, la Juve va pourtant déchanter, face à l’AS Rome. Ayant absolument besoin d’une victoire pour recoller à leurs adversaires du jour, les Bianconeri ne réussissent qu’un match nul, malgré une première période stratosphérique de Zizou (un but et une passe décisive pour Del Piero).

 En juillet 2001, Zidane devient le joueur le plus cher de l’histoire, et s’engage au Real de Madrid. Quelques mois plus tôt, c’est Florentino Perez qui faisait déjà le forcing pour le faire venir. Le tremblement de terre médiatique est sans précédent, et Marca promettra même, en une de son quotidien, de ne pas parler « que de Zizou ».

 Dès son arrivée et malgré une exposition trop importante, ne lui convenant pas, ZZ gagne la supercoupe d’Espagne. Mais en quelques mois, avec l’appui de son « sergent » Makelelé, il « retrouve la pêche ». Cette saison, le Real remporte la coupe Intercontinentale, la Ligue des Champions et la coupe d’Espagne. Au hampden Park de Glasgow, Zinédine marque l’un des plus beaux buts de sa carrière, d’une volée parfaite, téléguidée le long d’une fantastique courbe jusqu’à la lucarne du portier de Leverkusen. Il remporte ce soir là sa première et seule Ligue des Champions.

 Puis arrive la désillusion nationale. Dans une coupe du monde dite « de la fatigue », l’artiste se blesse en amical face à la Corée, et ne peut rien faire face à l’élimination précoce d’une équipe de France pourtant ultra-favorite quelques semaines seulement auparavant. La saison suivante, « seuls » le championnat et la Supercoupe d’Espagne terminent dans son escarcelle. Mais le Real Galactique est en perte de vitesse, et la politique de Florentino Perez montre ses limites. L’instabilité générale rend le club bancal, malgré les éclairs de Zizou.

 2003-2004 est une saison blanche pour les Merengue. L’Euro ne sera pas d’une grande consolation, malgré un doublé d’entrée face à l’Angleterre. Les bleus sont sortis par la Grèce, futur titré, en quarts. Suite à cette déconvenue, il annonce, le 4 aout, sa retraite internationale. Un crève-cœur pour beaucoup d’amateurs de ballon, qui y voient déjà la fin d’une génération bleue qui aura fait chavirer bien des cœurs.

 Pratiquement un an jour pour jour plus tard, le 3 aout 2005, au sortir d’une nouvelle saison sans titre au Real, il annonce son retour pour qualifier les bleus à la coupe du monde 2006. Après un amical face à la côte d’Ivoire, il s’offre une magnifique performance face à l’Irlande, quasi-qualificative grâce à une feuille morte de Thierry Henry (1-0). Après un succès face à Chypre, les bleus sont en route pour la coupe du monde, alors que dans le même temps, Zizou met un terme à sa carrière en club, en résiliant un an avant son terme son contrat avec le Real.

 Il marque de la tête lors de son dernier match, face à Villareal, avant de recevoir de la part du Bernabeu un hommage vibrant, à la hauteur des émotions qu’il aura distillées au fil de ses performances d’équilibriste.

 En Allemagne, les bleus connaissent des débuts difficiles. Sous le soleil accablant de Stuttgart, le match se termine sur un score nul et vierge, malgré une ultime occasion de Dhorasoo. Malgré un rapide but d’Henry, la confrontation face à la Corée du Nord accouche d’un nouveau nul, un but partout. Un match cauchemardesque, avec l’égalisation en fin de rencontre de Park, la sortie en fin de match et la suspension de ZZ pour l’ultime match, face au Togo.

 Une nouvelle fois suspendu en coupe du monde, Zizou souffre, mais Vieira et Henry signent les deux buts d’un match à l’issue duquel certains osent se demander si les bleus ne devraient pas se passer de leur numéro 10 à l’avenir.

 Mais Zidane est bel et bien de retour pour un huitième qui s’annonce explosif face à une sélection espagnole qui n’a qu’une envie : envoyer le Maestro à la retraite. Mais ce soir, personne ne tirera sa révérence sur la pelouse d’Hanovre. Ribéry d’abord, puis Vieira sur un coup-franc galactique de Zizou, avant le chef d’œuvre, le troisième but inscrit par le meneur de jeu, qui prend même le temps d’attendre Puyol pour le crocheter, et placer le coup de grâce à Iker Casillas d’une frappe croisée.

 Plus rien ne peut arrêter les bleus, qui s’imposent ensuite face au Brésil, avec un Zidane retrouvé. Pourtant bandé à la cuisse gauche, il est le seul brésilien sur la pelouse à Francfort, survolant Ronaldinho, dépassant et déstabilisant Roberto Carlos, mystifiant Ronaldo, exécutant Zé Roberto. Il se paie même le luxe de déposer un ballon pour Henry, qui qualifie les bleus (1-0) pour la demi-finale.

 Une nouvelle fois, le Portugal se dresse face au bloc bleu. Mais encore une fois, Zidane va montrer la voie. Il tire le penalty obtenu par Henry (33e) et offre un avantage que les tricolores conserveront bec et ongle.

 Le 9 juillet 2006, presque 6 ans après sa première finale, Zidane retrouve le frisson du panthéon mondial. Dès la 7e minute, il décide d’écrire l’histoire de sa propre plume, en tentant une Panenka gagnante face à son pote Gigi Buffon. Materazzi égalise avant la 20e minute, redonnant du suspens à cette rencontre. Meilleur joueur de la compétition avant même la finale, Zidane bute sur Buffon en prolongation, d’une tête surpuissante. Au grand dam de tout un peuple, son dernier coup de casque sera adressé au thorax du provocateur Materazzi. Une expulsion, et une finale perdu pour la France. Une fin de carrière et des questions pour l’avenir. Comme si, sans lui, tout retombait subitement dans la banalité. 



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