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Salif Keita, la perle noire

24 février 2012 by tanguy divider image
salif keita

L’évocation de son nom ferait plus penser à un morceau d’afropop et à une voix mélodieuse aux traits puissants qu’à un ballon rond. Pourtant, Salif Keita fut aussi une étoile filante du football des années 70. De son ascension fulgurante à sa fin de carrière américaine, en passant par ses succès en vert, site-de-joueurs.com revient aujourd’hui pour vous sur la carrière d’un attaquant virevoltant, pilier de l’avènement du footballeur africain.

 Le petit Salif naît à Bamako, en 1946. Enfant de la débrouille, il grandit dans le quartier populaire d’Ouolofobougou, dans la capitale malienne. Et s’il n’acquerra jamais les compétences musicales de son homonyme chanteur, de trois ans son cadet, sa partition favorite se récite cuir au bout du pied. Tout jeune, il intègre le club des pionniers de Ouolofobougou, et y débute en professionnel. Il glane, grâce à ses performances, une première sélection avec les aigles, à 16 ans.

 Une seule saison lui suffit pour se tailler une solide réputation auprès des recruteurs de jeunes pépites des clubs de la capitale. Dès l’été 64, il rejoint le Real de Bamako, club qu’il côtoiera durant deux périodes (64-65 et 66-67). Entre temps, il effectue un court passage au Stade Malien (65-66) pour un début de carrière déjà prolifique en trophées, puisque la panthère remporte trois championnats du Mali durant cette période, s’inclinant en revanche à deux reprises en finale de la ligue des champions africaine.

 Comme si le destin voulait forcer la cadence d’une carrière déjà prometteuse, supporter de l’AS Saint Étienne, d’origine libanaise, se trouve alors dans la capitale malienne. Ce dernier, Charles Dagher de son nom, tombe en émerveillement devant la perle noire, qui malgré un talent indéniable, se trouve souvent conspué en raison de ses performances en dents de scie et de son caractère nonchalant, les deux allant alors de paire. C’est donc sans grand regret qu’il quitte son pays, après une performance lui valant les foudres populaires, lors d’un Mali-Guinée. Avec l’aide de son mentor stéphanois, il quitte Bamako et embarque au Libéria en direction de Paris, grâce à un billet payé par le club du Forez.

 Arrivé dans la ville lumière, Salif fait face à son premier défi : gagner la Loire, et Geoffroy Guichard. Manifestement, personne ne semble avoir prévu d’aller le chercher à son arrivée en France. A posteriori, d’aucuns diront que le jeune homme n’a pas atterri à l’aéroport prévu. Peu importe, le jeune Keita ne s’arrêtera qu’une fois arrivé, et commande un taxi, donnant pour seule adresse à sa montée dans l’habitacle « Stade Geoffroy Guichard, à Saint-Étienne, s’il vous plait ». Une demande ahurissante pour un chauffeur qui demande alors comment le joueur compte régler la course. Réponse : « C’est l’ASSE qui s’en chargera ». L’homme est un fervent supporter du Stade de Reims, et se doute que le club pourra lui payer la note.

 Une fois arrivé dans le Forez, SK est reçu au siège du club par le secrétaire. La note de déplacement sera réglée après réflexion par le vice-président, Maître Fieloux. Nous sommes en 1967, et personne ne se doute alors que le jeune et longiligne attaquant rendra au centuple les 1000 francs alors déboursés par le club. La légende dit que dès son premier entraînement, tout les autres joueurs auraient compris qu’ils avaient à faire à un gamin hors-norme. Il le prouve le 20 septembre. En lever de rideau d’un ASSE-Kuopio en coupe d’Europe, les juniors des verts jouent leurs voisins de l’Olympique SE. Victoire finale 8-1 de l’équipe de jeune des verts, avec une bagatelle de 6 pions pour le malien.

 Albert Batteux, entraîneur de la première, n’a pas le choix, et fait des pieds et des mains pour qualifier au plus vite son joyau. Ce dernier commence en D1 le 19 novembre 1967, et marque après 7 minutes, pour une confortable victoire (0-3) à Monaco. Il remporte son premier championnat de France à la fin de cette saison. À partir de 68-69, et le départ de Mekloufi, il forme, avec Hervé Revelli, une paire de buteurs insatiables. L’ASSE remporte de nouveau le championnat, et Salif marque 23 buts cette saison… avec un statut d’amateur. Après l’oubli à l’aéroport, l’ASSE feint l’oubli de la signature du contrat pro. Une attitude indigne qui engendre des conséquences compréhensibles : le malien démissionne et part en vacances au printemps 69. Malgré un accord avec Anderlecht, il est convaincu par les décisionnaires stéphanois venus le ramener à la raison jusqu’à Bamako. Cette fois, ils ont fait le voyage…

 Son aisance technique, sa souplesse, sa vivacité continueront donc d’enchanter les supporters du Forez. Il devient « la panthère noire », fer de lance du doublé en 69-70. Il est de la partie lors de l’élimination du Bayern en C1, il est celui qui crée la décision lors des derbys rhodaniens (victoires 7-1 et 6-0). Et en étant de tous les bons coups, il se voit logiquement attribuer le ballon d’or africain à la fin de l’année.

 Sa dernière saison en vert (71-72) est collectivement décevante. Malgré les 29 buts de la panthère, devenue depuis le symbole du club, le club échoue à la sixième place du championnat. C’est la goutte d’eau pour Salif, qui, en plus d’avoir longtemps été snobé par son président sur des questions salariales, se révèle avoir des envies d’ailleurs. Le 15 avril 72, il vide son sac devant Batteux et Roger Rocher. Il signe à Marseille grâce à une clause (illégale au demeurant) permettant aux phocéens de ne payer que 10 000 francs aux verts pour débaucher le joueur de 26 ans.

 Se sentant lésé, Rocher balance tout à l’ancienne LFP, le « Groupement », qui condamne, en raison de la clause illégale susnommée, l’ASSE à une amende de 30 000 francs, et suspend Keita pour six mois.

 Enfin « affranchi », il est de retour sur le pré le 19 novembre, le ballon d’or enfile pour la première fois la tunique des bleus ciel et blanc face à Saint-Étienne. Intenable, il score un doublé pour une victoire 3-1 de l’OM. Et quitte à aller au bout de la haine qu’il voue à Roger Rocher, président profiteur de la faiblesse du jeune footballeur africain prêt à tout pour réussir sur le vieux continent, il lui adresse un grand bras d’honneur au terme de la rencontre.

 Il sera de nouveau suspendu. Pas grave, son message est passé, et personne ne pourra le considérer comme le méchant de cette histoire. Il ne restera qu’une saison dans les Bouches du Rhône, avant de céder aux sirènes du championnat Espagnol. Il jouera trois saisons au FC Valence avant d’aller visiter le Portugal, et Lisbonne, avant de se terminer en beauté aux Etats-Unis.

Retiré du monde professionnel, son histoire hors du commun inspirera un film du réalisateur Cheik Doukouré (Ballon d’or, 1994) et un livre portant le même nom, signé Yves Pinguilly. Une reconnaissance logique, pour celui dont l’histoire et les déboires ont symbolisé les controverses autour de l’exploitation du footballeur africain.



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