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Lobanovski, le technicien de l’est

4 décembre 2011 by tanguy divider image
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L’homme était rondouillard, le teint rougeot, et les traits typiques d’un citoyen de l’est européen. Voilà l’image que l’on conservera de Valeri Lobanovski, légendaire tacticien du Dynamo Kiev et de l’URSS. De sa carrière de joueur à ses magnifiques épopées soviétiques, retour sur la carrière d’un homme à part, ukrainien de sang, mais à la conception du jeu terriblement Oranje.

Valeri Lobanovski naît le 6 janvier 1939, à Kiev. Il se dirige petit vers le football et intègre l’école du Dynamo Kiev. Il y débute en 1957, au poste d’ailier gauche. Sorte de Beckham des années Rock’n’Roll, il se fait remarquer par la précision et la justesse de son jeu de passes. Il deviendra champion d’URSS en 1961, avec en passant l’honneur d’être dans le premier club non-moscovite à remporter la couronne, aux côtés des Kanevski, Bazilevitch et autres Szabo. Déjà au sommet de sa carrière, il obtiendra deux sélections en 60-61. Clap de fin en équipe nationale. Puis, après sept années à jouer dans le nord (pas encore) ukrainien, VL comprend qu’il aura bien du mal à s’exporter à l’ouest, avec un prénom de femme. Il va donc se faire dorer la pilule à Odessa, plus au sud. Il n’y restera que deux ans avant de prendre la direction de Donetsk, et d’enfiler la tunique orange rayée noir. Il met un terme à sa première carrière (pas la plus fameuse) en 1968, après onze années de haut niveau.

L’année suivante, puisque Valeri ne voulait pas se rouiller à rester chez lui, il reprend Dniepropetrovsk, comme coach. Il reste cinq ans, monte au bout de trois, et termine à d’honorables sixième et huitième place les deux saisons suivantes.

Valeri est déjà un bon coach, et son ancien club, le Dynamo Kiev, s’en rend compte. Il rentre donc au bercail à l’été 73. Il met alors en place une équipe invincible. Dès la première saison, il fait le doublé coupe-championnat, puis championnat-coupe des vainqueurs de coupe, et la supercoupe de l’UEFA en 75, face au Bayern Munich. Appuyé par son adjoint Oleg Bazilevitch, le tacticien s’affirme comme l’un des meilleurs du continent, dans un mélange de froideur et de rigueur. Avec sous ses ordres des mecs comme Oleg Blokhine, qui remporte d’ailleurs le ballon d’or, quelques mois après la victoire face à l’ogre allemand. Mis sur un piédestal, Valeri se voit même contraint la saison suivante de prendre parallèlement en charge l’URSS, aux côtés de Bazylevych.

Parce qu’il n’y a pas que les pauvres qui ont deux jobs, Lobanovski s’acquitte de ses tâche, hisse le Dynamo en quarts de finale de ligue des champions, éliminé par les verts de Saint Étienne. L’URSS gagnera la médaille de bronze des JO 76. Ses méthodes sont certes spéciales, mais payantes. De l’aveu de Viktor Matvienko, ancien de Kiev des seventies, pour Lobanovski : « Les footballeurs doivent être des robots : on leur donne une tâche et ils doivent l’accomplir. Voilà comment il nous formait ». La saison suivante, de nouveau entraîneur exclusif, il emmène le dynamo jusqu’en demi-finale, battu par le Borussia Mönchengladbach, malgré la victoire 1-0 à l’aller. Jusqu’à 82, les blancs et bleu accrochent trois championnats et deux coupes nationales à leur tableau de chasse. Malgré sa domination sur les équipes russes, Kiev galère sur le plan européen.

En 82-83, il reprend une double casquette, mais peu à l’aise dans la chaleur de l’Espagne franquiste, se fait sortir par la pologne lors de la deuxième phase de groupes à trois équipes, à la différence de buts. Les performances du Dynamo s’étiolent alors, et Valeri remet sur pied une équipe compétitive en 85, basée sur de nombreux internationaux soviétiques (dont la provenance est très ukrainienne durant le règne du maître tacticien), qui remporte un doublé coupe-championnat cette saison. Puis une seconde coupe des vainqueurs de coupes l’année suivante, aux dépends de l’Atlético Madrid, après une démonstration de football et une victoire 3 à 0.

Arrive alors 86, et les principaux faits d’armes du football estampillé bloc de l’est. Entre 86 et 90, Lobanovski a alors de nouveau ses deux équipes fétiches à coacher. Pratique, quand on peut se permettre de ramener la moitié de ses joueurs de club en sélection. Visionnaire, l’Architecte déclarera avant le début des évènements au Mexique : « la dernière révolution spectaculaire dans le football a eu lieu en 1974 quand les Pays-Bas et, peut-être, l’Allemagne ont dévoilé au monde entier le football total. Depuis, le football progresse et change dans sa tactique, dans la construction du jeu, dans le placement et l’utilisation des joueurs sur le terrain. La vitesse et la force athlétique sont plus que jamais les deux notions essentielles du football moderne. Le football devient un sport de contact ».

Inspiré donc, de l’école hollandaise de Rinus Michels, Lobanovski n’est pas opposé à la politique nationale, consistant à réquisitionner les meilleurs joueurs dans les clubs de grand calibre, afin de les faire briller sur la scène internationale. Communiste jusqu’au bout des doigts, l’URSS impressionne, Avec son despote aux commandes. Elle impressionne même tellement que de nombreuses questions sont aujourd’hui encore posées, sur la condition physique incroyable de cette génération de joueurs, dont la plupart rentrera dans le rang, voire sombrera dans l’anonymat, après la perestroïka et un départ dans un club du bloc de l’ouest. Troublant certes, mais ne laissons pas nos esprits capitalistes salir la performance de cette équipe, qui pratique alors un jeu rapide, fait de la multiplication des courses et des efforts de chacun, dans le repli défensif comme dans la construction offensive. Dans son 4-4-2 et avec des joueurs de l’acabit de Dassaev, Blokhine, Belanov (tous deux ballons d’or, mais ce dernier attendra la fin de la coupe du monde pour être sacré), l’URSS inflige d’entrée un 6-0 à la Hongrie, puis enchaîne avec un nul face à la France. La victoire face au Canada envoie l’armée rouge en huitième, face à la Belgique. Ce match face au plat pays sera perdu en prolongation, par des soviétiques qui ont laissé en moyenne 4 kilos depuis leur arrivée au Mexique, et qui crieront au scandale face à deux buts manifestement hors jeu. C’est comme ça, la bande à Lobanovski a oublié que les arbitres étaient libéraux…

 

Furax, Lobanovski n’a qu’une idée en tête : repartir de l’avant pour l’Euro 88. Et tombe dans le groupe de qualification de la France, désormais privée des jeunes retraités Platini, Tigana, Giresse et Rocheteau, entre autres. Les russes mettent fin à quatre années d’invincibilité des bleus au Parc des Princes, le 11 octobre 86, et s’envoleront pour l’Allemagne de l’ouest, ennemi juré, pour y disputer le sommet européen. En ouverture de l’Euro germano-occidental, Lobanovski réussit un coup de maître : il bat la Hollande de Rinus Michels 1 à 0, grâce à Rats. Il enchaînera très bien face à l’Angleterre (3-1) mais tombe devant l’Irlande du Nord. En demie, Ni Vialli, ni Mancini ne sera en mesure de faire trembler le bloc de l’est, qui l’emporte deux à zéro.

Dans un scénario digne de la guerre des étoiles, l’élève sera remis en place par le maître au cours d’une finale ramportée par la Hollande. Dans leur maillot aux motifs déconseillés aux épileptiques, les Oranje gagnent avec la reprise extra-terrestre de Van Basten, qui restera comme l’un des plus beaux but de sa carrière, et le but de Gullit, d’un coup de boule surpuissant faisant virevolter ses légendaires dreadlocks.

Un firmament qui annonce la pente descendante, puisque la perestroïka en force alors bon nombre à quitter l’est. Lobanovski fera de même, après une coupe du monde 90 ratée. Visionnaire, comme toujours, il part -évidemment pour le challenge sportif- aux Émirats Arabes Unis. Il coache la sélection nationale quelques temps, puis est remercié, et remet le couvert avec le Koweit.

Il ne reviendra qu’en 96 chez son amour de jeunesse de Kiev, pour ses derniers tours de piste. Lui qui disait des journalistes : « ils ne comprennent rien au football et me gênent dans mon travail», coache le Dynamo des Shevchenko-Rebrov, et remporte le tout jeune championnat ukrainiens de 96 à 2001. Il redonnera aussi un lustre perdu depuis quelques temps au club, sur la scène européenne. Il atteint les quarts de la ligue de champions 98, en sortant le Barça, puis les demies en 99. Sa fin de carrière (et de vie) se fera en eau de boudin, il manque la qualif’ à la coupe du monde 2002 à la défaveur d’un barrage perdu face à l’Allemagne, puis décède quelques mois plus tard d’un AVC, en quasi-Molière, car l’accident succède alors à un malaise subit au bord d’une pelouse. En vrai homme de terrain.



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