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Guy Roux, alias M. Auxerre

16 décembre 2011 by tanguy divider image
Roux

Les plus jeunes auront sûrement de la peine à l’imaginer, mais avant sa longue et brillante carrière de coach, Guy Roux taquinait aussi le ballon rond. Aux yeux de la France entière, il restera cependant à jamais Monsieur Auxerre, le coach à l’air bougon, rondouillard, intransigeant, qui allait chercher ses joueurs dans l’unique boîte de nuit de la capitale du football bourguignon, bonnet vissé sur le crâne. Avec en prime, une réputation de porteur d’eau (sur le petit écran) et de radin invétéré. Et c’est bien comme ça qu’on l’aime.

 Guy est né le 18 octobre 1938, avant même le début de la seconde guerre mondiale. Autant dire que c’est un véritable vieux de la vieille. Ses parents se rencontrent d’ailleurs grâce à l’armée française, lors d’un bal des officiers de années 30. Il débute sa vie, et donc le football, dans l’Yonne, avant d’être trimballé à droite et à gauche, en raison des obligations de service de son père. Lorsque sa mère tombe malade, en 46, p’tit Guy est envoyé à Colmar, vivre chez son oncle. Il se passionne alors pour le SR Colmar (une équipe de cadors, à l’époque) et devient ramasseur de balle après avoir gratté l’amitié avec le gardien de but Pierre Angel. Par conséquent, il se voit octroyer le droit d’assister aux matches du Stade des Francs à l’œil, en 48-49.

 De retour à Auxerre, il commence à entraîner des cadets, minimes et juniors de son lycée. Il joue alors dans la ville méconnue d’Appoigny, et assiste aux entraînements du stade auxerrois, puis à ceux de l’AJA. Il y prendra sa première licence en minimes. Il atteint l’équipe première à l’âge de seize ans. L’AJA est alors bien loin de son actuel faste, ou même des luttes acharnées de la division 1. C’est en DH que l’on retrouve la trace des blancs et bleu. En 1957, il rejoint le Limoges FC en CFA (troisième division de l’époque) et passe ses premiers diplômes d’éducateur.

 Il se rendra en 1960 en grande Bretagne, pour faire un stage chez le Crystal Palace d’Arthur Rowe. Il s’entraîne un été dans le groupe pro du club anglais, le numéro 29 dans le dos. De retour dans l’hexagone, il refuse de signer à Limoges, où un avenir dans une position relativement assise quoique confortable l’attend.

  Paradoxalement, c’est en jouant face à son AJ auxerroise adorée qu’il s’y fera remarquer, lors d’un amical contre un club anglais méconnu. À la mi-temps, les rosbeefs ont déjà trop de blessés, et Roux jouera la seconde période. Après la rencontre, il discute innocemment avec le président de l’époque, qui veut qu’il revienne. Il accepte, mais à une seule condition : il veut aussi le poste d’entraîneur. Culotté, voire arrogant, pour un gamin d’à peine 21 ans, il persiste et signe en envoyant un dossier de 6 pages (faculté extrêmement rare chez les footballeurs) afin d’exposer son projet sportif. L’AJA a d’autres plans en tête, mais puisqu’il est –déjà- le moins cher, Guy est embauché, et termine sa première saison cinquième de DH (sur un championnat comptant 12 équipes).


geste technique guy roux par j-mythiques

L’année suivant (62-63), Guy la débrouille doit se plier à ses obligations militaires, et part (notamment) faire la connaissance d’un certain Lionel Jospin, à l’époque chef de peloton d’instruction et capitaine de l’équipe de basket du régiment. En voilà un qui aura décidément toujours su rebondir. Une fois démobilisé, M. Cristalline reprend les rennes de l’AJA, au printemps 64. Il sort la tête de l’eau à une équipe qui éprouve de grandes difficultés depuis son départ, avant d’accéder au championnat de CFA -3ème division à l’époque- après une saison 69-70 pleine. La légende raconte que le jeune Guy, déjà bedonnant, met alors sa carrière de joueur en suspens car le port du bonnet est prohibé sur le pré. Pas cool de la part des dirigeants du football français.

 Mais finalement, les trente glorieuses brillent encore de mille-feux. Et si vous voulez voir la Roux dépenser, c’est le moment. Présent à la coupe du monde 66 et 70 (déplacements financés par ses piges pour l’Yonne républicaine, faut pas déconner quand même), il soudoie un agent des forces de l’ordre pour assister à un entraînement du Brésil estampillé Pelé & Co, au Mexique.

 Les seventies arrivent à point nommé, et puisque le monde accepte désormais les hippies, le football devra se soumettre et accueillir le look inqualifiable de Guy parmi son élite. Après quelques bons classements de 71 à 73. L’année suivante, il termine quatrième mais comme les équipe bis des Marseille, Saint-Étienne et autre olympique Lyonnais ne peuvent pas accéder à la D2, le staff ajaïste sabre une bonne bouteille de Cristalline à bulles, pour fêter la montée. Le nez creux malgré cette gueule de bois sans précédent, le coach engage un môme de 14 piges en 1976, un certain Jean-Marc Ferreri.

 À l’automne 78, Jean-Jacques Annaud tourne Coup de Tête à Auxerre. Une réalisation qui a le mérite de porter l’AJA jusqu’en finale de coupe de France en 79, face au FC Nantes. Le pactole de cette épopée servira à construire un centre de formation au club, plutôt qu’à recruter Olivier Rouyer (un choix indiscutable avec le recul). Avec Daniel Rolland à sa tête, l’usine à pépite bourguignonne voit arriver sa première cuvée des noms tels que Cantona, Boli et autre Vahirua (Pascal), alors que le 21 mai 1980, l’AJA accède à l’élite à la faveur d’une victoire face à Cannes.

 C’est donc en 1980 que la D1 craque pour les beaux yeux de Guy. Une D1 qui paraît de prime abord bien vaste pour le patelin de l’Yonne. Malgré les pronostics, Auxerre finit 10ème la première année, avant d’exporter pour la première fois l’odeur de la campagne sur la scène européenne en 83-84. Avant de récidiver l’année suivante. En 90, l’AJA ne sort qu’en quart de finale de coupe d’Europe, avant d’éliminer l’Ajax à ce stade de la compétition en 93. Après s’être montré, il faut maintenant gagner. En 94, victoire en coupe de France. Doublé en 96, avec les Diomède, Lamouchi, Guivarc’h, Alain Goma et autres Blanc ou Laslandes. Puis élimination en quarts de finale de ligue des champions 97, par le Borussia Dortmund. Il suffit de jeter un œil dans le rétro pour conclure que cette évolution est hors-norme, et que Guy Roux est définitivement à classer dans les coaches à part, une sorte de Ferguson du pauvre, certainement plus rustre mais tout aussi attachant.

 En 2000, le poids de ces années de combat commence à se faire sentir, et Roux se retire, faute de moyens physiques : « Quand vous dirigez des hommes, il faut donner du jus. Et là, les batteries étaient vides ». Daniel Rolland prend donc la relève, lui qui entraînait jusqu’à lors la CFA de l’AJA. Un double-pontage coronarien plus tard, Guy pète de nouveau la forme et ne peut résister à la tentation de revenir coacher, face aux muscles saillants et styles branchés de son Auxerre new wave, qui fait la part belle aux blonds peroxydés, tatoués à outrance (Mexès, Cissé) et autres intellectuels du ballon rond déguisés en M. Propre (Boumsong). Presque trop facile avec tous ces talents, Guy s’adjuge la troisième place du championnat en 2002, puis la coupe de France en 2003, en tapant le PSG au stade de France. Alors que le football français pense enfin être débarrassé du fantasque acteur, lui ne bouge pas d’un iota, et remporte deux ans plus tard une nouvelle coupe de France, face à Sedan. Il confirme quelques heures plus tard, sur Téléfoot, son retrait. La fin d’un mec qu’on adorait moquer, mais qui reste finalement la part de terroir qui sommeille en chacun de nous. Un dernier passage au RC Lens histoire de couler les Sang et Or en 2007, et la boucle est bouclée pour le frénétique buveur d’eau qui se sera fait un devoir de ne jamais dépenser un sou de trop, mais qui n’aura pas compté ses heures pour enchanter ses supporters.  



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