round image on layout top

George, Best de scène

9 décembre 2011 by tanguy divider image
george-best-06

Si le football d’outre-manche ne devait retenir qu’un joueur, qu’un personnage de son histoire, il ne serait certainement pas Anglais. Pas plus que gallois, ou écossais, d’ailleurs. Car LA star, c’était bien lui. Jeune nord-irlandais aux yeux rieurs et à la bouille de rockstar, George Best a déchaîné les passions, sur et en dehors du terrain, durant pratiquement vingt ans. En créant au passage le principe du footballeur-homme sandwich. Retour sur une carrière et un type extraordinaires.

 Le cinquième Beatle est donc un enfant de la divisée Irlande du Nord. Il voit le jour en 1946, au sein d’une famille de protestants. Sa mère est une ex-sportive de haut niveau (hockey sur gazon) et son père est ouvrier. De sa mère, il retiendra l’amour de la pelouse (très certainement) et le vice de la boisson. En effet, Mme Best était alcoolique, et y a certainement et inconsciemment dirigé Little George dès ses jeunes années. 

Mais le football reste son premier amour, et à l’âge de 15 ans, le gamin est repéré par un émissaire de ManU, qui, après avoir vu jouer Best et son ami Eric McMordie, envoie illico-presto un télégramme à Matt Busby (alors manager). Le contenu est explicite : « J’ai trouvé deux jeunes : un bon et un génie ». Engagé pour une semaine d’essai, GB est déjà à l’Ouest. Busby le veut, mais les deux gamins rentrent à Belfast après une seule journée, déjà nostalgiques de leurs terres. Les excuses de son père permettent au jeune d’intégrer sous peu l’équipe de jeunes des red devils. Nous sommes alors en 1961.

 C’est deux ans plus tard, en 63, que Best effectue ses premiers pas avec l’équipe fanion. Il a seulement 17 ans. Ce premier match, il le joue face à WBA. Il passera l’entièreté de la partie à ridiculiser Graham Williams, latéral droit d’Albion. Il a déjà le sens du show, le jeune ailier gauche mancunien. Deux ans passent, et le bleu devient vite un incontournable, tant au yeux des décideurs sportifs qu’à ceux des supporters de United, qui attendent alors leur grand joueur, celui qui leur fera, si ce n’est oublier, tourner la page du crash du vol 609 de British Airways, du 6 février 58.

La responsabilité est lourde, mais le Belfast Boy s’en acquitte, et devient même indispensable lorsque l’armé rouge de Manchester retrouve son efficacité et emporte la Premier League 65, puis 67. Après l’archipel britannique, c’est au tour de l’Europe de fondre devant les yeux bleus du technicien fou.  En 1966, il réalise une performance hors du commun face au Benfica d’Eusebio, en coupe d’Europe des clubs champions, pour une victoire 5 à 1. En 68, même adversaire, même compétition, mais en finale cette fois, George marque et Manchester grimpe sur le toit de l’Europe. Un supporter fanatique descendra même sur le terrain, couteau au poing, uniquement pour dérober une mèche de cheveux de la pop-star. Quelques semaines plus tard, un ballon d’or vient s’ajouter au dessus de sa cheminée.

 Sa vie est alors un excès. Tant par son comportement, sur ou en dehors du terrain, que par la folie qu’il génère à chacune de ses sorties. À la fin des années 60, ce sont des camions de la Royal Mail qui affrètent les 10 000 lettres hebdomadaires destinées au champion. Son surnom est alors tout trouvé, sa barbe hirsute et sa coupe au vent lui confèreront le titre de cinquième Beatle. En France, cela équivaudrait à une mise à l’égal de Johnny Halliday. Blague à part, Best ne gère peut-être pas si aisément son passage chez les immortels. Il boit beaucoup, passe le plus clair de son temps à faire la fête et dépense des fortunes au casino. Il est alors au sommet de sa carrière, mais va bien vitre redescendre.

En 1971, Busby, manager de United, plus grand fan de GB et père spirituel de ce dernier, se retire complètement de la direction de Manchester. Cette nouvelle a l’effet d’une bombe sur Best, qui sait que Matt est le seul à pouvoir canaliser ses instincts autodestructeurs. Il se met alors à rater des entraînements, devient plus agressif sur le terrain, et se présentera même ivre sur le terrain lors de matches importants… En janvier 1970, il est suspendu quatre semaines pour avoir arraché le ballon des mains d’un arbitre. Le match de son retour, il inscrit 6 buts dans une victoire 8 à 2 en Cup. Définitivement ingérable, l’homme est un écorché vif, et cache ses kilos en trop sous une épaisse barbe. Il traîne sa peine dans ce qui pourrait pourtant ressembler à une vie de rêve. Du coup, il perd la confiance de tous dans le nord de l’Angleterre. Symbole de relations devenues plus que tendues, cette phrase de Willie Morgan, alors coéquipier de la pop-star : « George pensait qu’il était le James Bond du foot. Il avait tout ce qu’il voulait, l’argent, les filles, la gloire. Il vivait au jour le jour et s’en est toujours tiré comme ça. Quand il manquait l’entraînement, les gens trouvaient des excuses à sa place. Il n’avait pas à en fournir. Il se foutait de tout. »

L’implosion est alors proche. En 1972, Best s’en va en pleine saison, prendre sa retraite, suite aux dispositions que Franck O’Farell, coach de l’époque, essaie de lui imposer. Il reviendra en s’excusant après moins de deux semaines de trip en Espagne. Malgré tout, la fin arrive. En 74, il est viré du club, pour ses mutiples excès, qu’il essaiera d’ailleurs de jusitifer par la suite : « A 25 ans, j’avais le sentiment que l’équipe était sur le déclin et j’ai plongé dans l’alcool. Pendant trois ans, je suis sorti tous les soirs et le jeu est devenu ma deuxième drogue ».

 En bon intermittent du spectacle, la star devient alors pigiste, et effectue quelques rencontres dans diverses équipes de seconde zone, dans des pays de seconde zone. Au cours de l’un de ces matches, en 1975, il prend la balle, dribble un joueur, se retourne en vitesse pour vomir, et part centrer. Un véritable fou.

 Puis il s’en va couler des jours heureux du côté de Los Angeles, au Aztecs. Sa présence permet de rameuter un actionnaire de poids : Elton John. Même si le chanteur à la voix mielleuse était certainement plus attiré par la belle gueule de notre héros alcoolique que par le sport en lui-même, il rapporte des sous. Ce qui est le bienvenu en période de crise économique comme c’est alors le cas. Malgré les cures et la rencontre avec la délicieuse Angie McDonald’s, top-model américain, Best ne se calme pas. Pire encore il continue de jouer et de se saouler frénétiquement, à tel point qu’il ne verra jamais (ou du moins rarement) la plage de son passage sur la West Coast, comme l’atteste cette déclaration : « J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer… ». 

Il retrouve l’Angleterre, et Fulham, en 76. Mais Angie, lassée des aventures extra-conjugales du sex-symbol, fait ses valises et retourne aux USA. Comme dans un film, George lui court après avant qu’elle n’accepte de l’épouser, en 1978, et que Calum ne vienne agrandir la (fragile) famille en 1981. Il rentrera aux Etats-Unis, jouera en Écosse puis en Australie, avant de se retirer, à 37 piges. Mais la retraite n’arrangera pas ses penchants, comme il le confirme lui même dans une interview poignante datant de 1988 : « Les gens ne se rendent pas compte à quel point je souffre de mon alcoolisme. Et ils ne voient pas les efforts que j’ai endurés pour essayer d’arrêter. Mais je ne peux pas m’empêcher de boire. Malheureusement à cause de cette maladie, je ne suis pas du tout devenu la personne que je voulais être. Et je sais que je ne pourrai jamais rien y changer ». Sa santé finit donc par vaciller, et Georgie Boy décède en 2005, d’une infection pulmonaire. Porté par tout un pays, les inscriptions sur sa sépulture résument l’amour dont il a été le vecteur : « Maradona good, Pelé better, George best »

 



Dino Zoff, le roc...

source listal.com

112 sélections , 570 matchs en série A, 5 titres de champion d’italie ,...

read more

Messi reçu trois sur...

lionel-messi-a-ete-sacre-ballon-d-or-2012-photo-afp-franck_621592_460x306

Au terme d’une cérémonie finalement plus marquée par l’absence...

read more

Un Quadruplé historique...

bafetimbi_gomis

Muet depuis près de deux mois, Bafetimbi Gomis a choisi la rencontre...

read more


bottom round image

footer blue big nice

footertop right
Copyright © 2011 Gestion Du Net | Tous droits réservés.