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Garrincha ou l’excessif génie

2 décembre 2011 by tanguy divider image
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Un joueur original, aux jambes inégales, et aux penchants douteux. Mais également l’un des dribbleurs les plus géniaux de l’histoire. Manoel Francisco Dos Santos, AKA Garrincha, avait un talent à faire rêver les foules, mais ce sont surtout son histoire et son destin tragique qui l’auront fait passer à la postérité. 

L’ange aux jambes tordues est né le 28 octobre 1933, dans la banlieue de Rio de Janeiro. Il est le cinquième enfant d’une famille pauvre, à l’histoire classique pour un scénario placé sous le signe de la tragédie : un père alcoolique, absent, et un fiston victime d’une pathologie congénitale de la colonne vertébrale (ayant pour conséquence de lui déformer les jambes).  De son enfance à la Oliver Twist, il gardera son futur nom de champion, inspiré d’une espèce d’oiseau préférant se laisser mourir que de se faire attraper. Un héritage de sa sœur, Rosa. Moins sympa, on l’appelle aussi Mané, comprenez simplet, ou fou.

Le jeune homme ne se destine pas au football, il boude les recruteurs qui lui tournent à l’époque le dos en raison de son physique disgracieux, aux aspects trop asymétriques pour s’apparenter à un futur grand. Il joue sans aucune prétention dans l’équipe corpo de l’usine de textile dans laquelle il bosse. Il découvre durant cette période ses deux autres passions : le sexe et l’alcool. Ajouté au foot, on entrevoit déjà la résultante de l’explosif cocktail. Il est proposé à tous les clubs réputés de Rio par son oncle, qui prophétise déjà une belle carrière au gamin. Après des refus de Vasco, Fluminense et Flamengo, c’est Botafogo qui a la bonne idée d’accepter le garçon, en 1953.

Évidemment, ses aptitudes en terme de contre-pied, de vivacité, de changements de direction font vite la différence, et Garrincha se retrouve vite propulsé fer de lance offensif des fogãos. Il est aussi rapidement adopté par les supporters, enchantés par les driblles chaloupés du magicien. En 1957, grâce aux 20 buts en 26 rencontres de Alegrio do Povo (la joie du peuple, un beau surnom), le Fogo remporte le championnat Carioca. Il n’en faut pas plus pour que le malin dribbleur ne se fraie un chemin jusqu’à l’équipe nationale, et disputer la Coupe du Monde 58 en Suède. La Seleçao empoche sa première consécration internationale, avec Garrincha et Pelé aux manettes.

 

 Mais ce n’est pas un sacre mondial qui fera changer la ligne de conduite du petit trapu d’un iota. À la médiatisation, Manoel aura toujours préféré un bon joga bonito sur la plage avec ses potes. Il évolue toujours à Botafogo quand se pointe la World Cup 62. Une compétition durant laquelle il porte son pays à bout de bras, après la blessure de Pelé. Si certains sont encore sceptiques, ils ne le sont plus un mois après. Car celui qui doit son plus fameux surnom au poète Vinicius de Moraes est éblouissant. Il déroute, oriente, déstabilise et marque. Deux fois face à l’Angleterre en quart, 2 fois face au Chili en demie, et se paie même le luxe de botter le cul d’un adversaire durant ce dernier match. Légendaire. D’autant plus que le carton rouge qu’il reçoit alors sera annulé avant la finale par une fédé brésilienne montée au créneau comme un seul homme. Le Brésil remporte son deuxième trophée consécutif, et Garrincha est nommé joueur du tournoi.

Voilà le zénith de la carrière du petit. Car ses démons sont toujours là, et le rongent peu à peu, alors que s’égrainent ses belles années. Rattrapé par sa consommation excessive de spiritueux, il grossit, se blesse de plus en plus souvent. Dieu vivant dans son club, il devient presque indésirable en 1965, année de son départ pour le Corinthians. Il ne reviendra jamais chez les Noir et Blanc, pour qui il a scoré 232 buts en 581 matches, avec un doublé mémorable en 38 secondes. Toujours insatiable concernant la gente féminine, il procrée une quinzaine de fois (chiffre exact introuvable) avec cinq femmes différentes.

 En 1966, il fera partie de l’aventure britannique de la Seleçao. Moins punchy que quelques années auparavant, il ne peut sauver un Brésil en fin de cycle, sorti après trois rencontres. La tragédie de sa vie, qui n’aura été coupée que par la parenthèse football, par à-coups, reprend de plus belle. Le trapu enchaîne les clubs sans vraiment y jouer, son corps est peu a peu rongé par l’alcool et l’arthrose, et ses incompatibilités d’humeur avec ses maîtresses prennent de plus en plus d’ampleur. Il Jouera sa dernière saison en 1972, dans le petit patelin d’Olaria. Avant de mourir seul et ruiné, d’une cirrhose du foie, à peine plus d’une décennie plus tard, le 20 janvier 83. Une bien triste fin pour le doux enfant qui parlait aux oiseaux.

 



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