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Falcao, plus qu’un milieu

22 février 2012 by tanguy divider image
crédits: blogs.mediapart.fr

Il est de ces brésiliens au faciès germanique mais au toucher de balle terriblement sud-américain. Génie tactique et métronome technique, Falcao était un vrai milieu, dont l’influence n’était entière qu’au cœur du jeu, et du rectangle vert. Retour sur une carrière pleine, au fort accent européen.

Ce n’est pas parce qu’il est né dans une sale bourgade campagnarde du sud du Brésil que le petit Paulo Roberto ne connaît une enfance digne de tout auriverde qui se respecte. Sans surprise, le bambin blondinet joue au ballon. Mais pas comme ses potes, qui taquinent, caressent, effleurent sans cesse la gonfle. Lui, à l’image de son futur surnom (l’Allemand), est plus cartésien. Pas de fioritures, peu de gri-gri, et un jeu de passe qui fait briller les plus individualistes de ses amis. Il a seulement onze ans quand il participe à une détection organisée par l’International Porto Alegre, club de la région. Habitué aux joutes de quartier sous les couleurs de la Juventus de Canoas, il ne se laisse pas démonter, et fait finalement partie des rares élus parmi les 300 partants.

crédits: cesololaroma.free.fr

Sa puissance et sa rigueur, combinés à ses cheveux clairs, typiques de l’immigration européenne au Brésil, lui valent déjà le surnom de « l’Allemand ». Il passe une dizaine d’années à arpenter les équipes de jeune de l’Internacional, avant de débuter en professionnel, en 1972. Très vite, les résultats du club de Rio Grande Do Sul s’en ressentent. Cinq championnats Gauchos remportés, en six ans, et trois championnats nationaux (75, 76 et 79) avec en prime, la dernière année, une saison sans la moindre défaite (ce qui n’a jamais été réédité depuis). En 1980, l’Internacional atteint la finale de la Copa Libertadores, mais cède face au Nacional.

Dans un style « à la Beckenbauer », Falcao est déjà idolâtré par tout le peuple brésilien, qui voit l’Allemand revêtir ses premières tuniques jaunes siglées CBF en 1976. Pourtant, il ne sera pas de l’aventure en Argentine, en 1978. Si Cruijff rate cette coupe du monde car il déclare ne pas cautionner le régime alors en place dans le pays (on apprendra plus tard qu’il avait subi des pressions pour ne pas s’y rendre), Paulo Roberto doit son absence à une mésentente avec le sélectionneur Claudio Coutinho. 

En 1980, le prodige rejoint le vieux continent, et l’AS Roma, en prenant le temps d’en mettre plein la vue au futur sélectionneur auriverde, Telê Santana, lors d’un match de championnat opposant l’Internacional à Limeira. Adaptable, Falcao n’a besoin que d’une année pour maîtriser l’italien, et pour remporter son premier trophée avec la Louve. Si le club termine le championnat en dauphin de la Juventus, il se venge du Piémont et remporte la Coppa Italia aux dépends du Torino, grâce à un dernier tir au but victorieux de son métronome brésilien. La deuxième saison italienne de Falcao est encore une réussite à titre personnel, avec 6 buts en 24 apparitions, mais la Roma finit troisième de Serie A. En toute logique, le technicien est appelé à défendre les couleurs de son pays pour la coupe du monde ibérique. 

Sous les ordres d’un Telê Santana qui connaît son talent, et au sein de l’une des meilleure génération de joueurs brésiliens de l’histoire (Zico et Socrates entre autres) PRF fait partie des titulaires indiscutables, et score à deux reprises lors de la phase de poule, face à l’Écosse et la Nouvelle-Zélande. Lors de la deuxième phase, la victoire face à l’Argentine ne suffira pas à qualifier des brésiliens défaits 3-2 par l’Italie lors de l’ultime match. Le triplé de Paolo Rossi fait voler en éclats les espoirs du milieu de terrain, qui avouera avoir eu « désespérément envie de gagner cette Coupe du Monde car (il) avai(t) été mis à l’écart en 1978 et (il) voulai(t) prouver qu’ (il) avai(t) l’étoffe d’un titulaire en sélection ». S’il a eu « l’impression de jouer deux Coupes du Monde en même temps », Falcao n’en est pas sorti rancunier pour autant envers son pays d’adoption, dont sa mère, Azize, était d’ailleurs originaire: « j’ai quitté le stade avec le maillot de l’équipe d’Italie, en hommage à mon ami (Bruno Conti, Ndlr) et à ce pays qui m’avait si bien accueilli. »

Le retour dans la ville papale sera couronnée de succès. La saison 82-83 voit la Roma remporter le Scudetto, le premier depuis les années Mussolini, ce malgré deux défaites lors des confrontations directes avec la Juve de Platini. malgré une élimination de la coupe de l’UEFA en quarts, face au Benfica, Falcao devient l’ « ottovo re di roma » (le « 8e roi de Rome »). Les Giallorossi lâchent le championnat à la Juve la saison suivante, faisant de la coupe d’Europe et de la finale au stade Olympique de Rome un objectif prioritaire. Malgré une blessure au genou le privant de la demi-finale aller (perdue 2-0 contre Dundee) Falcao revient pour le match retour que son club emporte 3-0. La belle histoire se terminera malheureursement en eau de boudin. En délicatesse physique lors de la finale, le numéro 5 joue sur une jambe, et ne veut pas tirer lors de la séance de tirs au but, remportée 4-2 par Liverpool. 

Dans ces conditions, le sacre en coupe d’Italie n’est qu’un maigre soulagement pour les supporters, et cette désillusion suprême marque un temps d’arrêt dans la parenthèse italienne de la carrière de Falcao, qui pointe alors 31 printemps. Longtemps blessé, devenu adepte des mondanités transalpines et profitant du retour au bercail de sa mère et sa soeur pour se tailler une réputation de playboy dans la capitale italienne, Le brésilien n’a clairement plus la tête au ballon. La Roma écourte même son contrat lorsque ce dernier décide, sans l’aval des médecins du club, d’aller faire opérer son genou à New-York. 

C’en est trop, le Falc’ s’en va retrouver la quiétude au Brésil, quittant son mentor et emblématique entraîneur de l’AS Rome, Nils Liedholm. Preuve de cette relation particulière, il offre avant son départ son maillot floqué du numéro 5 au suédois, par l’intermédiaire du masseur du club, et accompagné d’un petit mot : « Je vous rends le maillot que vous m’avez donné à mon arrivée. Je ne le fais pas en personne car je sais que nos émotions risqueraient de prendre le dessus. Je voudrais que vous le conserviez en souvenir de notre amitié. »

Au talent et à la réputation, Falcao signe un dernier contrat à Sao Paulo, et participe partiellement à la coupe du monde 86, avant de se retirer, à l’âge de 33 ans, laissant derrière lui une carrière jalonnée de réussites, mais dont temps forts se ponctuent souvent dans la défaite. À croire qu’il s’agit là d’une constante propre à ce Brésil des années 80. 

 



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