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Di Stéfano, légende multinationale

14 novembre 2011 by tanguy divider image
distefano

À regarder ses photos d’époque, on lui donnerait beaucoup de nationalités avant de trouver la bonne. Car les argentins au teint pâle et à la crinière blonde ne sont pas légion. Et pourtant, Alfredo Di Stéfano Laulhé est bien l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’Albiceleste. Et de celle du football en général, d’ailleurs.

Alfredo nait le 4 juillet 1926 à Buenos Aires, dans le quartier populaire de Barracas. Son grand-père, italien, est le premier de la lignée à s’installer en Argentine. Il tire également des origines françaises et irlandaises de sa mère. Un goût pour l’international prononcé dès la naissance. Son père a été l’un des fondateurs du club de River Plate et en est un ancien joueur. Dès lors, ADS ne peut échapper au ballon rond.

 Il découvre le football à l’âge de sept ans dans un club de quartier, Unidos y Venceremos. Il rejoint ensuite Imàn suite à un déménagement familial dans le quartier de Flores. À 14 ans, vivant dans une ferme, Alfredo travaille comme ouvrier agricole et comme vaquero (sorte de berger) de troupeaux de bovins. Il joue toujours, à l’Unión Progresista, qui évolue en ligue régionale.

 Pratiquant également l’athlétisme, le basketball et le hockey sur gazon, le jeune Alfredo se dirige plutôt vers une carrière en ingénierie agronome, afin de succéder à ses parents. C’est sa mère qui va changer son destin, par une lettre de recommandation envoyée au River Plate, où la famille a ses entrées. Il débute alors à dix-huit ans, avec une licence amateur et un poste d’ailier droit dans la quatrième équipe de la Banda Roja. Il gravit rapidement les échelons, et joue avec l’équipe première dès aout 44, en amical face à San Lorenzo. La saison suivante, il débute en match officiel face à Huracàn. Aux côtés d’Adolfo Pedernera, alias El Maestro. River perd 2 à 1, mais remporte le championnat, la première ligne d’un sacré palmarès.

Mais Alfredo ne joue que ce match dans la saison, et part en 45-46 trouver du temps de jeu à Huracàn. Prêté, il signe son premier contrat pro chez les Quemeros. Il revient au terme de son prêt chez la rivière plate. Pour s’y imposer, cette fois. Comme Pedernera est parti à Atlanta (club de Buenos Aires), Di Stéfano prend la place d’ailier droit laissée vacante par la star de l’époque. Il ne se plaît pas sur le côté, trop réducteur pour son talent brut. Replacé dans l’axe par Carlos Peucelle lors d’un match face à Atlanta, il déstabilise, crée des brèches et les Millonarios s’imposent 6 à 1. Pas de but mais une prestation qui justifie un replacement définitif. Tout River s’adapte alors au jeu du jeune Alfredo avant-centre, qui inscrit ainsi 27 buts en 30 matchs en 46-47 et remporte son second titre de champion d’Argentine. Il gagne alors les surnoms d’ « El Alemàn » (l’allemand, pour des raisons physiques assez évidentes) et de la « Saeta Rubia » (Flèche blonde).  Il débute alors avec la sélection argentine, une courte histoire nationale, le temps de remporter la Copa América 47 en inscrivant 6 buts en 6 apparitions. Pour ne plus jamais y revenir.

Il est de la partie lorsqu’au printemps 48, s’organise le premier Championnat sud-américain des clubs champions de football. River finit second derrière Vasco de Gama, et Alfredo s’accroche pour la première fois avec Antonio Vespucio, président Riveriste, pour des questions salariales.

Peu après, le 3 juillet, River ne compte qu’un point de retard sur le leader du Racing, mais l’AFA (fédération argentine) stoppe le championnat devant les manifestations des joueurs professionnels réclamant augmentations de salaires. Engagée, la Saeta Rubia et ses coéquipiers sont les plus inflexibles sur ce dossier, et refusent de ratifier un « protocole de paix », en mai 1949, et forcent Vespucio à quelques concessions supplémentaires.

Un président qui ne goûte que très peu les opinions de sa nouvelle star, qui négocie dans la foulée son transfert au Torino sans son accord. Excédé, Di Stéfano rejoint, sur les conseils de pedernera, d’autres Millonarios, ceux de Bogota, en Colombie, début aout 49. River sortira perdant de ce bras de fer et ne touchera aucune indemnité.

 Auteur de 53 buts en 71 matches à River, il fera encore mieux avec le « Ballet Azul ». Aux côtés de Pedernera, Rossi, Baez et Cozzi, il est dans l’une des meilleurs équipes de l’époque, remporte trois fois le titre de champion de Colombie et termine deux fois en tête du classement des buteurs, pour un total pharaonique de 90 réalisations en 102 apparitions. Néanmoins, la fédé colombienne n’est, à l’époque, pas reconnue par la FIFA. Du coup, en octobre 51, l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil et le Pérou signent le « Pacte de Lima ». Les joueurs venant de ces pays en Colombie y restent jusqu’en 54, avant d’être invités à rentrer dans leur club initial, de gré ou de force.

 

C’en est trop pour Alfredo : Après une ultime victoire en finale de coupe du monde des clubs (4-0 face au Rapid de Vienne, un doublé à la clé), il décide de partir en Europe. Problème, le pacte de Lima oblige les clubs désirant recruter la star à se mettre d’accord avec River et les Millonarios. Les négociation sont âpres, et, à quelques encablures de la fin de son contrat colombien, Alfredo se trouve face à un Barça d’accord avec River, et un Real OK avec Bogota… C’est finalement les Merengue qui empochent la mise, contre 5 500 000 pesetas (33 055,66 euros actuels) et une crise interne chez le rival catalan, qui accuse le gouvernement Franco de l’avoir obligé à laisser filer le prodige en Castille. Au niveau salarial, l’idole touche à l’année près de 40% des revenus du club. Un pari qui s’avérera gagnant, mais très risqué. 

7 mois (quand même) d’inactivité plus tard, ADS reprend le chemin des terrains. Pour l’un de ses premiers matches, le Real atomise le Barça 5 à 0, avec un doublé du maître. En fin de saison, di Stéfano permet au club de remporter la Liga 21 ans après son dernier titre. Il est, avec Gento, autre recrue du club, le grand artisan de ce succès, finissant meilleur buteur avec 29 buts. Un titre qui marque le début d’une période faste pour la Maison Blanche.

L’année suivante, rebelotte. Une Liga, 25 buts. Puis, en 56, le Real se hisse en finale de la coupe des clubs champions en balayant le Servette de genève, le partizan Belgrade et le milan AC. En finale, les castillans tapent le Stade de Reims au bout du suspens, 4 à 3. Cette année, Di Stéfano sera second au Ballon d’Or, derrière Stanley Matthews.

Kopa arrive à l’intersaison, mais doit attendre la naturalisation d’Alfredo, qui arrive le 13 octobre 56, pour pouvoir jouer. Avec une telle équipe, le Real conserve logiquement la couronne européenne, en battant la Fiorentina en finale 2 à 0. À côté, madrid s’amuse à remporter la Liga et la coupe latine. Meilleur buteur du championnat ibérique et de l’ancienne version de la Champion’s league, Don Alfredo gagne le Ballon d’Or et le titre de meilleur jouer espagnol de l’année. Cette année sera également celle des débuts en sélection espagnole, avec un triplé d’entrée face aux pays-Bas. Il totalisera 23 but en 31 sélections avec la Roja

Les saisons se suivent et se ressemblent. En 57-58, Di Stéf’ empile 19 pions en championnat, pour un nouveau doublé Liga-coupe d’Europe. Puis Puskàs débarque au printemps 58, histoire de renforcer un peu plus cet armada incroyable. Avec Gento, Kopa et Di Stéfano, voilà un quatuor prêt à faire frémir l’Europe entière. Le grand Real remporte une nouvelle fois la coupe d’Europe face au Stade de Reims sur le score de 2 à 0. Di Stéfano marque l’un des buts, son quatrième dans une finale. Il est également le meilleur buteur du championnat d’Espagne où le club termine second. À la fin de la saison, celui qui est passé de la flèche blonde au « divin chauve » reçoit une nouvelle fois le Ballon d’or.

La paire Di Stéfano-Puskàs connaît son apogée l’année suivante, en finale de coupe d’Europe (puisqu’il était inutile de parler du Real avant ce stade de la compétition, tant il était évident qu’il y parviendrait) et une victoire 7 à 3, avec un triplé pour ADS et un quadruplé pour le Major Galopant.

Finalement, Madrid perd quand même une finale européenne, face à l’ennemi juré de Barcelone en 61. La Liga reste quand même dans la capitale espagnole. Une capitale bien triste quand, un an plus tard, le Real s’incline de nouveau en finale, cette fois face au Benfica.

Le dernier match de la légende fût, une fois n’est pas coutume, une finale de coupe d’Europe, celle de 64. Après une défaite tactique 3 à 1 face au Catenaccio d’Helenio Herrera, Alfredo et Miguel Munoz, entraîneur de l’époque, se brouillent. L’histoire d’une fin en eau de boudin.

Fâché également avec San Bernabeu, qui voulait alors à tout prix le faire partir en retraite anticipée, et joindre le staff Madriliste, le divin chauve part à l’Espanyol Barcelone vivre les deux dernières saison de sa longue carrière. Avant de faire ses adieux, lors d’un amical opposant le Real au Celtic Glasgow, alors champion d’Europe. Dernière page du grimoire de la légende argentine.  

 

 



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