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Johan Cruyff, footballeur total

31 octobre 2011 by tanguy divider image
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Il a marqué le football pour des générations. La silhouette maigrichonne, la coupe de cheveux façon Beatles, une activité sur le pré n’ayant d’égale que sa qualité technique, toute en toucher, en contre-pied, en changements de rythme. S’il était arrogant, son talent le lui permettait. Si un défenseur cherchait à l’arrêter, il se condamnait à finir allongé sur le gazon, puis à relever la tête pour contempler le maître s’éloigner vers de nouveaux arabesques. Cette silhouette longiligne n’est autre que celle de Johan Cruyff, illustre hollandais volant, idole de tout un peuple.

 

C’est à Amsterdam, le 25 avril 1947, que voit le jour le petit Johan. Et son histoire  commence face au stade de Meer, où ses parents commerçants et lui même résident. Pour rappel, ce stade fût la maison de l’Ajax Amsterdam durant 62 ans. Tout un symbole. En 1957, le jour de ses 10 ans, il reçoit une lettre. Ou plutôt LA lettre, celle qui change sa destinée et trace son futur : il est accepté dans l’équipe de jeunes des joden. Son père décède d’une crise cardiaque deux ans plus tard. Mais Johan est déjà sur des rails, rien ne l’en délogera. Il survole quelques années en junior, puis débute en pro à tout juste 17 ans, le 15 novembre 1964, face au GVAV. Malgré la défaite, Johan marque et impressionne. Cette saison 64-65, l’Ajax termine son pire championnat depuis le début de l’ère professionnelle, une 13ème place dans un Eredivisie qui compte à cette époque 16 formations.

Peu importe, Cruyff est chez lui à Amsterdam, et il a décidé qu’il s’y imposerait. Lui qui jouait de manière sporadique la saison précédente va trouver sa place dans le 11 de l’Ajax en 65-66. Il marque notamment les esprits le 25 novembre 1965, en scorant un doublé dans un derby face au Door Wilskracht Sterk. Un match qui lui offre le statut de vedette montante du club blanc et rouge. Désormais indiscutable, Johan se lâche dans les mois qui suivent : il inscrit son premier triplé contre Telstar, et quatre jours plus tard, un quadruplé en Coupe des Pays-Bas contre le BV Veendam. Pour sa deuxième saison pro, JC enquille 25 réalisations en 23 matches. Et soulève accessoirement son premier titre de champion des Pays-Bas. Des stats stratosphériques pour un gamin de 19 ans. Mais ce ne sont que les prémices, le commencement d’une progression éclair, qui l’amène la saison suivante à un bilan de 33 buts toutes compétitions confondues, une coupe des Pays-Bas à la clé. L’année suivante est moins prolifique à titre personnel (27 buts en 33 rencontres), mais elle voit Cruyff et l’Ajax marcher sur le championnat 67-68, finalement remporté devant le Feyenoord Rotterdam. Puis, à l’heure où la France est occupée à déboulonner son système, Johan a déjà, plume en main, commencé à écrire sa légende.

La saison 68-69 marque un tournant pour le football hollandais. Alors que Rinus Michels, coach de l’Ajax, pose les bases de son « football total » en Ligue des Champions, l’Europe du football s’émerveille. Qui sont ces néerlandais dont le championnat n’est suivi que par les autochtones avertis ? Comment ont-ils appris à jouer de la sorte ? Enfin, qui est ce jeune génie avec le dos floqué 14 ? Les attaques incessantes, les permutations constantes, la circulation du ballon sans accroc amènent Amsterdam en finale de coupe d’Europe cette année. Et ce n’est pas la défaite 4 à 1 face au Milan AC qui masquera le talent brut de cet Ajax. La saison qui suit est moins glorieuse : malgré ses 23 buts en 33 matches, Amsterdam laisse filer le titre au rival de Feyenoord, et voit ces derniers remporter la ligue des champions à San Siro. Le réveil est brutal. Mais ce n’est que partie remise, et en 1971, les rouge et blanc se hissent au sommet du football européen, et remportent la Ligue des Champions face au Panathinaïkos, 2 à 0. Vainqueur de la LDC à 24 ans, voilà qui est fait. Et même la perte de Rinus Michels ne stoppe pas la bande à Cruyff dans sa lancée, elle remporte une deuxième puis une troisième coupe aux grandes oreilles en 72 et 73, sous la houlette de Stefan Kovacs. Parallèlement, Cruyff est distingué de deux ballons d’or, le premier en 71 (devant George Best), le second en 1973 (devant Dino Zoff). Puis ce qui devait arriver arriva. À l’été 73, le Barça allonge 2 millions de dollars pour le prodige, qui accepte de rejoindre la Catalogne, officiellement car le brassard de l’Ajax se refuse à lui. Officieusement, il se murmurait que Johan voulait rentabiliser son talent.

 

C’est donc avec l’assurance d’émoluments confortables que le batave atterrit en Catalogne. Accueilli comme une star, il déclare avoir préféré signer à Barcelone qu’au Real, car ce dernier était soutenu par Franco. Il n’en fallait pas plus pour que la ville entière en fasse un véritable messie, qui hérita vite du surnom d’El Salvador. Alors que les blaugranas attendent une Liga depuis 1960, Cruyff est le symbole tout trouvé du renouveau. Son talent lui excuse tout, y compris les Camel sans filtres qu’il se tape à la mi-temps des matches…
Il n’arrive pas en terre trop étrangère au Barça, puisqu’il y retrouve un certain Rinus Michels, son coach à l’Ajax de 65 à 71. Le début de saison est compliqué, l ‘équipe perd alors quelques rencontres, Johan ne peut pas jouer avant fin octobre, pour des problèmes politico-administratifs. Mais le régime en place ne pouvait empêcher éternellement le hollandais de fouler le pré.
Le 28 octobre 1973, le batave est enfin sur le terrain, et la huitième journée de la Liga voit Barcelone atomiser Grenade 4 à 0 au Camp Nou. Puis tout va très vite, l’équipe ne perd plus, ridiculise le Real 5 à 0 à Bernabeu le 17 février 1974, et gagne le 9ème titre de son histoire. Cette année, il sera également retenu, comme certains autres barcelonais, en sélection de Catalogne. Il restera finalement cinq saisons, et quittera le club en 1978 sur une victoire en Coupe du Roi. D’un point de vue sportif, le bilan de son passage au Barça est maigre : 2 titres, mais la passion qui lie le peuple catalan à el flac va bien au-delà du football. Dans une période difficile, le club est une vitrine politique et le stade un lieu de revendication. L’humiliation faite à Madrid, le fait d’appeler son fils Jordi, un prénom catalan donc interdit, ou encore de dédicacer une photo aux 113 membres de l’Assemblée de Catalogne emprisonnés dans les geôles fascistes font de Cruijff bien plus qu’un simple footballeur.

Johan en Oranje

Johan honore sa première sélection le 17 octobre 1966 en inscrivant un but contre la Hongrie. Deux mois plus tard, il est le premier international hollandais à recevoir un carton rouge et à être expulsé, lors d’un match contre la Tchécoslovaquie. Il sera suspendu un an par sa fédération. Cet épisode va le pousser à moins s’investir dans la sélection pendant quelques années.
C’est surtout en 1974 que Cruijff va véritablement s’attacher à offrir aux Pays-Bas, son premier titre international. Capitaine d’une redoutable équipe, où il retrouve ses anciens coéquipiers de l’Ajax (Rep, Krol,Neeskens) et d’autres joueurs talentueux comme Rensenbrink, Cruijff fait un véritable festival. Les Oranje, devenus pour la circonstance « Oranges mécaniques », écrasent leurs adversaires en appliquant le football total qui avait fait la gloire de l’Ajax. L’Argentine est laminée 4 à 0 (dont 2 buts de Cruijff) ; le Brésil est battu 2 à 0 (1 but de Cruijff). En finale, les Oranje partent grandement favoris, au vu de leur parcours. Dès le début de rencontre, dans son style si particulier, Cruyff se jette à l’assaut du but de Sepp Maier. Fauché par Berti Vogts, il obtient un penalty, transformé par Neeskens. Brillant dans un premier temps, Johan va commencer à déjouer, sous l’impulsion de Berti Vogts, et les Pays-Bas finissent par perdre ce match qui ne pouvait leur échapper, sur le score de 2-1.
Mais Cruyff, c’était également le mec capable de dire non à une Coupe du Monde, parce qu’il ne cautionnait pas le régime en place dans le pays organisateur. Du moins c’est ce que le monde entier a cru, de 1978 à 2008. Jusqu’à ce que le principal intéressé ne révèle, le 16 avril 2008, à Catalunya Radio, que son refus d’aller en Argentine était du à une tentative d’enlèvement, cette même année, à son domicile barcelonais : « J’ai eu un fusil pointé sur ma tête, j’ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement de Barcelone. Il y a des moments où d’autres valeurs priment dans la vie ». Ceci marque la fin de la carrière internationale du phénomène, qui reste sur un bilan de 48 sélections pour 33 buts.

Ceci marque la fin de la carrière internationale du phénomène, qui reste sur un bilan de 48 sélections pour 33 buts. En 1978, pourchassé par le fisc espagnol, il part jouer aux Etats-Unis, pour retrouver une santé financière. Il jouera 2 matches sous les couleurs des NY Cosmos, en créant l’événement de jouer avec la même tunique que Franz Beckenbauer, autre meilleur joueur des seventies.
Il s’engagera pour les Washington Diplomats, puis les Los Angeles Aztecs. Son retour en Europe se fait en 81, à 34 ans. Et choisit le confort de vie, puisqu’il se pose dans la banlieue de Valence, à Levante. Il reste 6 mois dans le club de Levante avant de signer son come-back à l’Ajax. Il score le match de son retour, remporte le championnat et inscrit 14 buts, pas besoin d’anti-ride, l’âge n’atteint pas le roi. Mais ce n’est pas pour autant que son club de toujours va se montrer reconnaissant : en 82, l’Ajax décide de ne pas renouveler son contrat. Un affront de taille, auquel Johan répond de la manière forte, en signant chez le rival du Feyenoord. Et y remporte le doublé coup-championnat en 1984, à 37 piges, un véritable exploit. Cette fois, la boucle semble enfin bouclée pour celui qui aura vécu une carrière à part, tantôt politisé, toujours adulé, qui mérite sa place au Panthéon du football.



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